Le Parc naturel des Sources agit pour redynamiser le cycle de l'eau


Ses méthodes se sont d’abord fait connaître en zone agricole. Son principe clé ?

Rompre avec la logique de l’eau qui doit à tout prix s’écouler.

Renouer plutôt avec l’infiltration lente et la rétention de l’eau là où
elle tombe.

Son nom ? Hydrologie régénérative


Depuis quelques mois, l’équipe du Parc naturel des Sources s’est agrandie pour mener un projet qui s’inscrit dans cette démarche de restauration du cycle de l’eau. En partenariat avec Spadel et Gembloux Agro-bio Tech et en étroite collaboration avec le Département de la Nature et des Forêts (DNF), un doctorant aménage et étudie des dispositifs d’hydrologie régénérative, en portant une attention particulière sur les milieux forestiers. Au centre de la recherche : des solutions qui permettent d’assurer le maintien des fonctions (productive, naturelle, sociale) des parcelles concernées.

Régénérer là où ça a dégénéré


Régénérer, soit « rendre à une substance ses propriétés initiales, altérées ou modifiées au cours d'un traitement », résume précisément la situation. Car il s’agit bien de cela : pour des motifs de culture, d’exploitation ou de construction, l’humain s’est employé à accélérer le cycle
de l’eau, canalisant des flux directs et rapides, livrant un combat obstiné contre l’humidité ou les eaux stagnantes. À l’heure où les sécheresses comme les crues deviennent plus fréquentes et plus intenses, un rétropédalage est nécessaire. C’est tout l’enjeu de l’hydrologie régénérative, laquelle repose sur trois axes : ralentir, infiltrer et stocker.

Sur le terrain


La recherche d’actions de restauration des dynamiques hydriques passe avant tout par un examen cartographique, nécessaire à l’intégration des réalités du terrain (relief, sol, géologie…). Le Parc naturel se concerte ensuite étroitement avec le gestionnaire privé ou public des parcelles avant tout aménagement, de sorte que ce dernier n’empiète pas sur d’autres impératifs de gestion.

Plusieurs actions sont alors menées pour « cultiver l’eau ». Parmi elles, la déviation de fossés bordiers - ces canaux creusés au bord des voiries - en direction du cœur du peuplement forestier. Si la manœuvre permet de ralentir la course de l’eau qui dévale en ligne droite vers
l’exutoire, elle augmente aussi considérablement la quantité stockée, tant dans les sols que dans les végétaux. Une façon de faire « profiter la forêt » de l’eau qui lui échappe d’ordinaire, du fait d’aménagements très courants dans le paysage.


En complément, le Parc naturel procède au bouchage de drains, témoins de la volonté d’enrésiner massivement les parcelles. À rebours de l’assèchement souhaité par les exploitants à des fins sylvicoles, il s’agit de neutraliser l’écoulement artificiellement organisé afin de maintenir
l’eau plus longtemps sur le terrain.


De nouvelles mares forestières contribuent également à régénérer l’hydrologie des sites. Particulièrement enrichissantes pour la biodiversité, elles agissent comme tampons face aux épisodes climatiques extrêmes. Et signe que les méthodes se complètent, il n’est pas rare que des petites mares se développent en amont des bouchons mis en place pour désamorcer les drains évoqués plus haut.


Diversifier les peuplements et les paysages forestiers participe aussi à la restauration du cycle de l’eau. En plus de créer les conditions de peuplements plus robustes face au climat changeant (rejoignant en cela les objectifs du DNF), varier essences et âges des arbres permet
d’offrir des sols plus vivants, au couvert végétal et à la structure plus riches, gage d’un pouvoir absorbant accru.

Un cap atteignable et équilibré


Pour que son impact se révèle significatif à l’échelle du territoire, le projet doit conduire à des aménagements qu’il est possible de multiplier dans le temps et dans l’espace, à l’échelle du bassin versant. C’est pourquoi les solutions se veulent réalistes, peu coûteuses et fondées sur la nature. S’affiche aussi le souhait d’allier hydrologie régénérative, foresterie et biodiversité, des dimensions qui, en équilibre, se révèlent complémentaires. C’est d’ailleurs ce qui fonde le bon déroulement du partenariat.


L’hydrologie régénérative ne prétend pas fournir une formule magique ou une innovation technique. Elle désigne une méthode préventive qui emprunte ses principes à plusieurs pratiques déjà existantes, combinant ces dernières selon le terrain et le contexte. Drainer, canaliser et évacuer… ces manipulations structurent notre rapport à l’eau, de façon toujours plus prégnante à mesure que l’emprise humaine s’accroît sur
l’environnement.

En s’engageant dans ce projet d’hydrologie régénérative, le Parc naturel des Sources s’écarte du paradigme dominant du contrôle hydrique absolu, reconnaissant que celui-ci rend en réalité les écosystèmes plus vulnérables. Lançant ce message... 

... Puisque l’eau est si précieuse, cultivons sa présence.

 

 

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Nature & Biodiversité
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Partenaire

SpadelGembloux Agro-bio Tech et en étroite collaboration avec le Département de la Nature et des Forêts (DNF),